Vous connaissez All the Luck in the World ? Peut-être pas directement mais vous avez déjà dû entendre leurs douces mélodies au travers d’un spot publicitaire ou en trainant un peu sur youtube il y a quelques années. En 2014 plus précisément. Si si rappelez-vous les trois auteurs-compositeurs irlandais Neil Foot, Ben Connolly et Kelvin Barr sortent cette année-là l’album «Never». Un 11 titres Alternative-Folk qui leur a permis de vendre plus de 120 000 singles sur itunes. Partageant depuis ce temps toujours la même passion pour la chanson, la composition, l’art et le storytelling le trio All the Luck in the World revient avec un nouvel album, «A Blind Arcade» ainsi que de très beaux clips.


La sortie de l’album «Never» en 2014 fut à l’origine d’une belle tournée à travers l’Europe. C’est suite à 3 tournées et à une multitude de festivals que le groupe se penche sur l’élaboration de nouveaux morceaux. All the Luck in the World se concentre alors sur l’élaboration d’un paysage sonore bien singulier et va même jusqu’à créer des instruments fait maison samplant sons organiques et acoustiques.

En 2015, année à laquelle le groupe commence à préparer son 2eme album, leur cabane oubliée en pleine campagne de Wicklow sera transformée par cette occasion en un studio qu’ils appelleront Haven. C’est là que le groupe se met à composer et à se créer patiemment des histoires personnelles et abstraites. «A Blind Arcade» sera ainsi enregistré entre la cabane de Wicklow à Dublin et le Golden Retriever Studio à Berlin, ville ou les trois auteurs compositeurs sont actuellement basés. Ce travail de fond ne se fera pas sans l’aide du producteur Paul Pilot. Ce qui est sur c’est que «A Blind Arcade» représente de longues journées de travail qui se sont avérés parfois très décourageantes d’après les dires du groupe:

« C’était fastidieux, mais c’était exactement ce que nous voulions faire. La conception de ce disque a occupé toutes nos vies pour un certain temps : se perdre dans les détails et apprendre pendant la création. Les heures passées à Wicklow ont vraiment payé quand nous sommes arrivés au studio à Berlin. Nous n’étions pas seulement en train de faire des démos simples pour recommencer à zéro une fois en studio, nous avons construit la plupart des chansons avant même de commencer à Golden Retriever Studio . Cela nous a donné plus de temps pour faire preuve de créativité en studio, en utilisant des outils et des instruments qui nous manquaient à la maison. « 

Le résultat est effectivement bien présent. Amoureux de la Folk on vous laisse savourer.

Landsmarks ou encore le très émouvant Golden October nous envoient des ondes positives. cette sensation fougueuse serait à la racine du séjour à Berlin des trois artistes. En effet c’est suite à la fin de leurs études en 2017 que le groupe s’installe là-bas dans le but d’ouvrir un nouveau chapitre:

« C’était juste une décision d’aller de l’avant. Nous avions passé beaucoup de temps dans la ville au cours des dernières années, et avons trouvé que c’était propice à la créativité. Ces séjours dispersés à Berlin étaient toujours prometteurs, et bien sûr la nature de la vie à Berlin est attrayante. Quand nous sommes arrivés, il n’y avait pas de peur ni d’inquiétude. C’était super, en tant que groupe et en tant qu’individus. « 

Ce deuxième album semble se dévoiler plus vivace et inédit en sonorité que le précédent. Les titres comme Contrails et Pages sont très détaillés et plus clairs mais ce n’est que mon ressenti personnel. Le fait que les All the Luck in World aient pris la décision d’échantillonner des sons organiques et acoustiques donne un son plus vibrant, plus naturel. Ce point, je pense, fait la particularité de cet album. Et c’est vraiment un plaisir de l’écouter. De très bons albums sont très synthétiques et c’est ce qui les rend agréables. Ici la vivacité de «A Blind Arcade» en fait un album extra !

Les choix esthétiques et le bidouillage DiY se reflètent sur leur travail. Les oeuvres d’art, les vidéos, le design sont primordiaux et synonymes de concordance entre leurs morceaux en général:

« En tant que groupe, nous apprécions tout l’éventail de la création d’un disque et de ses accompagnements, pas seulement la création de musique, mais la conception de l’œuvre, la production de vidéos, tout ce que nous pouvons obtenir dans ce sens. L’illustration de l’album se rapporte à l’imagerie que nous identifions avec chaque chanson. Nous voulions que cela coïncide avec le thème de l’album du premier album, mais montre aussi la croissance de la pensée et de l’attention aux détails du deuxième album « .

Cet effort esthétique notable en tous points de vue chez All the Luck in the World n’est pas une question de faire du Diy pour faire du Diy. Ce n’est pas par crainte du résultat donnée par un autre mais plutôt par le plaisir d’extérioriser sa créativité soit même que le groupe procède de cette façon:

« Les clips vidéo sont quelque chose que nous sommes vraiment intéressés à continuer de produire .. Encore une fois, il vient juste d’un désir de créer. Quand nous pensons à une idée qui correspond à la chanson ou qui a un point intéressant, nous obtenons le même enthousiasme que nous trouvons dans le studio. Ce n’est pas tellement une peur de la délégation, c’est que nous aimons ce processus, et nous sommes fiers des résultats « 

La globalité du projet fini n’en est pas moins qu’épatante ! On va suivre ce groupe de près !