Choisy-le-Roi, c’est le lieu de toutes les initiatives pour Backbone. C’est niché au fin fond d’une grande bâtisse que les êtres et pensées ont circulé un temps. Le temps de faire un 1er EP en 2014: «Seteka» Alias C T K ou « Choisy the King… » petite référence à la source, là ou tout à commencé pour Backbone. Pour Jon co-fondateur du label Animal Records et au chant ainsi qu’à la batterie électronique chez Backbone cette référence était primordiale. On ne peut oublier un lieu ou l’on a passé autant de temps et où tant d’idées ont émergées. Aujourd’hui cela fait désormais plus d’un an que leur 2eme EP «Millioke» à vu le jour. Cette fois aucune référence au nid du Val de Marne, mais nous avons pensé qu’il serait intéressant de parler de cette formation qui n’a pas été suffisamment mise en lumière à ce jour selon nous.


«Millioke» où «recherche de la beauté» de la «terre plaisante» en langage Algonquin, un dialecte parlé par les communautés autochtones, surtout du Quebec. C’est la signification qu’à voulu donner le groupe à son EP. C’est aussi la sensation éprouvée lorsqu’on découvre un espace nouveau, sans limite, dont on a l’impression de se ressourcer. C’est comme s’il était une partie de nous même. La racine de notre personne. A quiconque à déjà ressentit cette sensation vous connaissez désormais ce que souhaite faire découvrir ou ressentir Backbone avec son 2eme EP, «Millioke» (d’ailleurs l’EP ouvre avec le titre L’appel de la forêt). Sur 4 titres aspirants et libérateurs, l’EP reste dans la veine singulière de «Seteka», proposant un voyage musico-spatio-temporel aussi fluide que déroutant.

Sur leur 1er EP la richesse sonore épatante se laissait couler progressivement entre électronique rêveuse, mystique et tapante de spontanéité. Basses rondes et feutrées s’entrelacent aux mélodies suintantes de l’épopée. Notamment sur Vadim imagé par un tas de transitions très relaxantes. Une véritable leçon d’ASMR. Cette sensation agréable de picotements, frissons, chatouilles au niveau du crâne, du cuir chevelu ou des zones périphériques du corps, en réponse à une stimulation visuelle, auditive, olfactive ou cognitive.

Sur «Millioke» le style du groupe est largement conservé, mais la composition a été faite d’une manière vraiment différente de celle «Seteka». L’instantanéité, la composition à l’instinct est l’argument principal de cet EP. Rien n’est prévu à l’avance. Comme le dit Jon « A la différence de «Seteka», que l’on a composé sur ordinateur en ajoutant au fur et à mesure de nouvelles touches, on a composé les titres de cet EP pendant que l’on répétait, sans idée préconçue ». Max à la guitare et au clavier sur Backbone affirme « Sur «Seteka», on a enregistré les morceaux et on s’est ensuite demandé comment les jouer en live. Pour cet EP-là ça a été l’inverse! ».

En effet sur «Millioke» la guitare et les mélodies sont plus vivaces et scéniques que sur leur précédent EP. On est sur des tonalités un peu plus lumineuses que sur les aspirations très lunaires de «Seteka». Toujours sur une voix soul/rock acide, l’ambiance quand à elle est sensiblement plus trash, notamment sur le titre Universe avec son solo de guitare givré et sacrément bon (à partir de 5 mn 42) !

Bien sur, le côté chimérique de Backbone reste la pâte artistique qui récure autant sur le 1er que sur le 2eme EP, mais bon sang qu’est ce que «Millioke» est efficace ! Les cuisines du quatuor promettent.