Formé en 2OO9 c’est en 2010 que le groupe New Yorkais Beach Fossils sort son premier album «Beach Fossils» chez Captured Tracks, label indépendant à l’excellent catalogue, (Mac Demarco entre autre). Beach Fossils rentre donc dans cette immense catégorie un peu foutraque qu’est l’indie rock. Côté influence, sur ce premier album, difficile de ne pas faire le rapprochement avec Joy Division, New Order ou encore Television.


À la question : peut-on faire un bon album de rock sans aucun refrain ? Le premier LP de Beach Fossils répond par l’affirmative, et avec beaucoup de style. Le groupe délaisse en effet la structure classique couplet/refrain et nous livre onze morceaux qui vont droit au but. Assurément on a affaire à un groupe Lo-Fi : le son n’est pas propre et c’est volontaire.

Pour résumé la formule magique Beach Fossils c’est: une voix en retrait qui semble enregistrée avec un vieux magnéto, une basse souvent linéaire et des guitares aux mélodies répétitives et accrocheuses. En gros tous les éléments présents dans le premier morceau se répètent dans les suivants. On pourrait craindre que toutes les chansons se ressemblent mais  malgré cet aspect très linéaire au premier abord chacune d’elles dégage quelque chose de différent. Ainsi sur ce premier album on y trouve des morceaux mélancoliques (Lazy Day, Window View), bondissant (Twelve Roses, The Horse) , ou encore la très New Orderesque Daydream et puis la pépite  Golden Age.

Très bien parti avec son premier album le groupe sort l’année suivante un EP intitulé «What a Pleasure» et c’est encore meilleur. S’il reste dans la même veine que leur premier disque (ne cherchez pas les refrains y en a toujours aucun) il sonne moins Lo-Fi que son prédécesseur. Le son est plus massif, plus riche. Une version 2.O du premier album en quelque sorte. L’EP marque une évolution en matière de production plus que de songwriting et ça fonctionne très bien. Il suffit d’écouter le morceau What a pleasure pour se rendre compte du chemin parcouru.

 Chaque chanson vous embarque dès les premières secondes avec des intros ultras efficaces (notamment les morceaux Distance et Clayer).

Le groupe revient en 2O13 avec l’album «Clash the Truth». Il y a toujours de très bons morceaux dans les quatorze titres qui composent cet album. Assurément le groupe sait toujours faire de très bonnes intros (pour preuve le titre Clash the Truth)

L’album est efficace, certainement plus accessible aussi. Mais il manque de cohérence. On sent la volonté du groupe de sonner plus moderne, se rapprochant parfois même de la pop (le morceau Taking off avec surprise…un refrain !). Il y a du très bon, la superbe Sleep Apnea et du moins bon comme ce Careless un peu bourrin. Bref «Clash the Truth» reste tout de même un bon album fortement conseillé pour les amateurs d’indie rock.


Le groupe ressort cette année un album «Somersault» prévu pour juin. Le premier extrait de l’album est sorti il y a peu et ça s’appelle This Year.

Dans ce morceau le groupe semble embrasser le virage pop qui s’était amorcé dans son dernier opus . Une structure classique couplet /refrain, un son très propre, une guitare acoustique et même des violons le groupe tranche donc radicalement avec les sonorités de ses précédents albums. Voilà que Beach Fossils sonne comme les excellents Real Estate (groupe fortement conseillé par l’auteur) . Pour le meilleur ou pour le pire ? Réponse en juin.