Une activité trop vite interrompue :  

Sixto rodriguez débute réellement sa carrière en 1967. année ou il sort son premier single I’ll slip away. C’est dans des bars de Détroit qu’il jouera ses premières compositions avec l’habitude de jouer dos au public. Il se fera remarquer par le label Sussex records récemment crée à l’époque par le producteur Clarence Avant, l’homme qui deviendra plus tard président de la Motown.

Bien que ses producteurs lui aient conseillé d’adopter un pseudonyme sonnant américain, Rodriguez utilisera quand même son patronyme comme nom d’artiste. Il enregistrera l’album «Cold Fact» en 1969 et «Coming From Reality» en 1970. le premier sortira en 1970 le second en 1971.Ces deux albums sont largement représentatif du travail d’orfèvre de Rodriguez. Des mélodies poignantes et un mélange de genres très innovant pour l’époque, lui ont permis d’extérioriser un genre unique et la singularité de son personnage. Les producteurs investiront de nombreux moyens dans la réalisation des disques. Cependant les 2 albums s’avéreront être des échecs commerciaux, par conséquent les contrats de Rodriguez seront rompus, alors même qu’il préparait un 3eme disque.

C’est après avoir été remercié par son label que Sixto Rodriguez décide d’arrêter la musique en 1972. Notre homme se lancera dans les travaux de chantier de sa ville natale et les études de philosophie. Il obtient d’ailleurs un master de philo en 1981. Il enchaîne ensuite les petits boulots.

 Et pourtant : 

 En 1974 un extrait de «coming from reality» devient un succès en Jamaique.

Mais c’est surtout l’album «Cold Fact» qui connaîtra un gros succès en Afrique du Sud (Album importé depuis les Etats Unis par une personne inconnue). L’album sera énormément piraté et diffusé ainsi à des milliers d’exemplaires sur cassette et vinyle en Afrique du Sud. Ces auditeurs là avaient bien compris que le mélange pop, rock, folk, blues et psyché de l’artiste n’était pas anodin! Quel festin musical! Très rapidement plusieurs maisons de disques s’empresseront de sortir ses albums sous le nom de Jesus Rodriguez, sans que Rodriguez n’en soit au courant. «Cold Fact» deviendra disque d’or en Afrique du Sud mais Rodriguez ne touchera pas un centime sur les ventes.

Plusieurs rumeurs racontent même que Rodriguez serait mort. Cela étant due à sa longue absence.

En 1977 une compilation nommée «At his best» voit le jour et le succès en terme de ventes rend Rodriguez célèbre en Australie et Nouvelle-Zélande. Il part alors en tournée en 1979. 2 concerts seront ainsi enregistré et commercialisé. L’album live se nomme «Alive» faisant référence aux rumeurs sur sa prétendue mort. Dans les années 1980 «At his best» devient disque de platine encore une fois à l’insu de Rodriguez. A l’issue de ces derniers concerts Rodriguez disparaîtra à nouveau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les rumeurs iront jusqu’à dire que l’artiste est mort immolé par le feu, par overdose d’héroïne ou encore qu’il se soit suicidé sur scène dans les années 1970.

 Mais sa résurrection ne fut que retardée : 

En 1996, c’est la fille de Rodriguez qui découvre sur internet un site dédié intégralement à son père par un disquaire. Le disquaire en question recherche un maximum d’informations sur l’artiste prétendu mort. La fille de Rodriguez prend alors contacte avec le disquaire et le met en relation avec son père. Prenant alors connaissance de son immense succès, Rodriguez  effectuera 6 dates à guichet fermé en Afrique du Sud (1998) devant des milliers de spectateurs. Malheureusement le bénéfice des ventes rentre toujours dans la poche de son 1er label. L’artiste se produira à nouveau en Afrique du Sud en 2001 et 2005 ainsi qu’en Suède, Namibie, puis à Londres et en Australie entre 2005 et 2010. 

Face au succès de Rodriguez des rééditions de «Cold Fact» et «Coming from Reality» voit le jour sous le label « Light in the Attic » et donnent lieu à de nombreuses critiques, permettant un élargissement de son succès et le début d’une nouvelle tournée de concerts en Europe, Une première pour Rodriguez.

En 2012 le documentaire « Searching for Sugar Man » sort au cinéma, et le bouche à oreille dévoile Rodriguez au grand jour. Une mention sera noté au dos de la pochette du dvd: « Rodriguez perçoit des redevances de la vente de ce disque »